Neuf Jours en Trois-Mâts

Le Bel Espoir II

Le Bel Espoir II

Le Bel Espoir II – crédit photo : Association A.J.D.

Les amis du jeudi-dimanche

Dessiné et construit par le très réputé chantier danois de I. Ring Andersen, l’actuel Bel Espoir II est né en 1944, à Svendborg, port de la Baltique. Ce trois-mâts goélette, baptisé Nette S., est doté dès sa mise à l’eau d’un moteur de 116 ch. Le bateau appartient à A. E. Sorensen qui le voue au fret entre les îles danoises. En 1946, son fils M. H. Sorensen en hérite et le rebaptisé Peder Most. Au début des années 50, le bateau assure les liaisons entre le Danemark et le Groenland pour de grandes entreprises de pêche, puis il est reconverti dans le transport de bétail. Sur de petits trajets, comme Copenhague-Hambourg, il lui arrive d’embarquer jusqu’à 200 têtes. Le voilier est racheté en 1955 par le British Outward Bound Trust. Enregistré à Glasgow, il est géré par la Moray Sea School, une école de voile écossaise. Rebaptisé Prince Louis II pour l’occasion – il remplace un Prince Louis qui a fait son temps.

En 1968, l’association « Les Amis du jeudi-dimanche », qui accueille sous la houlette du père Michel Jaouen des jeunes « en mal de vivre », se porte acquéreur du voilier. Succédant au premier Bel Espoir du père Jaouen – un cotre pilote de 11 mètres au pont, qui, il y a quelques années, naviguait encore du côté de Port-le-Forêt -, le bateau est logiquement nommé Bel Espoir II. Le Rara Avis, un autre trois-mâts goélette, rejoindra l’association quelques années plus tard.

Le Bel Espoir II a tant donné – il lui a été beaucoup demandé tout le temps de sa vie de navire de fret, de même qu’entre les mains du père Jaouen – qu’il se met à présenter des signes majeurs de fatigue. En particulier, il prend de l’arc, ce qui signifie que la quille du navire se déforme et se courbe. En 1991, le constat de ce vieillissement amène le père Jaouen à décider une refonte complète du navire. Aussi le bateau est-il gruté sur un quai de Camaret, au pied du fort Vauban. Les premiers travaux sont entrepris grâce aux subventions accordées par la ville de Paris, le conseil général du Finistère et la région Bretagne. Puis, une campagne lancée sur une initiative de Georges Pernoud, le responsable de l’émission «Thalassa », permet de rassembler le complément des sommes nécessaires à une restauration complète. Cette campagne pour sauver Bel Espoir II est facilitée par le classement du navire, en mars 1993, comme « monument historique ». Finalement c’est un Bel Espoir refait à neuf de la proue à la poupe qui sort du chantier de Camaret en janvier 1994 et cingle vers les Antilles.

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